Handicap

Selon les termes de la loi du 11 février 2005, une situation de handicap est définie comme « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

Du fait de l’étendue et de la complexité du champ du handicap ainsi défini et des lacunes des systèmes d’information non harmonisés et mis en place dans une logique de gestion de prestations ou de services plutôt que d’observation de la population à visée «épidémiologique» d’acquisition de connaissances, il s’avère difficile de bien évaluer le nombre de personnes handicapées sur la région et de décrire les déficiences et incapacités dont elles souffrent.

Selon une estimation faite par l’ORS et la DRASS Rhône-Alpes en 2005 à partir des données nationales de l’étude HID, près de 160 000 personnes (soit 2,6% de la population), âgées de plus de 5 ans et vivant à domicile en Rhône-Alpes, étaient en situation de dépendance physique (selon la grille d’évaluation Colvez) dont un petit tiers (50 000) avait moins de 60 ans. Pour 45 000 de ces personnes, la dépendance physique se doublait d’une dépendance psychique. De plus, 52 000 étaient en situation de dépendance mentale. La prévalence de la dépendance, estimée à 3% au niveau régional, apparaissait plus forte sur les départements de la Drôme, de la Loire et de l’Ardèche. Dans la région, 39% des individus déclaraient souffrir d’au moins une déficience avec une prévalence plus forte sur les mêmes départements.

Handicap et scolarisation

Le RHEOP (Registre des handicaps de l’enfant et observatoire périnatal) couvre 3 départements de la région (Isère depuis 1988, Savoie et Haute-Savoie depuis 2005) et cible son observation sur les enfants dans leur 8ème année de vie. Chez les enfants nés en 2 000 et résidant sur ces 3 départements, près de 9 pour 1 000 présentent une déficience neurosensorielle sévère qui leur interdira une scolarisation normale dès l’école élémentaire : trouble du développement, retard mental, déficience motrice, déficience sensorielle. Près de 40% de ces enfants souffrent de troubles envahissants du développement, entre 31 et 36 % présentent un retard mental, entre 18 et 31% un handicap moteur, 13 à 20%  une déficience sensorielle sévère.

Près de 20 000 enfants porteurs de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire (année scolaire 2009-2010) soit 1,6% des élèves scolarisés, dont deux sur trois en primaire. A l’échelle des départements, les départements de l’Ardèche et du Rhône présentent des taux supérieurs alors que la Haute-Savoie se démarque avec un taux de 1,2%. La majorité de ces enfants (75%) présentent des troubles des fonctions supérieures. Par ailleurs, plus de 7 500 enfants soit 0,6% sont scolarisés en établissements spécialisés ou sanitaires. L’Ain est le département ayant le plus d’enfants qui suivent leur scolarité en établissement adapté.

Les données concernant les pathologies à l’origine des situations de handicap sont rares, cependant pour certaines pathologies spécifiques les systèmes d’information sanitaire peuvent fournir des informations d’incidence. Ainsi, 630 jeunes de moins de 20 ans sont admis chaque année en ALD dans la région, pour retard mental ou troubles envahissants du développement et une soixantaine pour trisomie 21. Rapporté au nombre de naissances, cela donne des taux d’incidence respectifs de 7,8 et 0,8 cas pour 1 000 naissances, taux équivalents aux références nationales.

En termes de services et établissements spécialisés pour les enfants porteurs de handicap, les taux régionaux d’équipement sont proches des références nationales avec un taux plus favorable pour les ITEP contrebalancé par un taux plus faible pour les IME qui constituent le premier type d’établissements en terme de capacités. L’équipement en instituts pour déficients auditifs apparaît également moins élevé sur la région.

Handicap et travail

Chez les adultes, l’allocation pour adulte handicapé (AAH) vient en aide aux personnes handicapées pour leur assurer si besoin et sous conditions de ressources un revenu minimum. Près de 23 personnes de 20 à 59 ans sur 1 000 en sont bénéficiaires en Rhône-Alpes au 31 décembre 2009, soit près de 74 000 personnes, contre 26 bénéficiaires pour 1 000 personnes au niveau national. La Loire présente le taux de bénéficiaires le plus haut suivi par l’Ardèche. Le taux de bénéficiaires de l’AAH présente une évolution à la hausse tout au long de la dernière décennie.

Selon l’enquête Handicap Santé, le taux de chômage est deux fois plus important parmi les personnes handicapées actives que dans la population générale. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) peut faciliter cet accès à l’emploi. En 2009, plus de 34 000 demandes de RQTH ont été déposées en Rhône-Alpes dont 90% ont reçu un accord. Cela correspond, au niveau régional, à près de 10 personnes sur 1 000 âgées de 16 à 59 ans, taux qui varie cependant du simple au double selon les départements avec un maximum sur la Loire (près de 14  personnes pour 1 000) et un minimum en Haute-Savoie (près de 7).

On rappelle enfin que parmi les salariés relevant du régime général de l’assurance maladie, 8 300 ont connu une perte de capacité de travail ayant conduit à une mise en invalidité, principalement suite à des troubles mentaux ou des maladies ostéo-articulaires.

Globalement, les taux régionaux d’équipement en établissements et services pour adultes handicapés sont équivalents ou supérieurs aux références nationales. Seul l’équipement en maisons d’accueil spécialisées et surtout en places de SSIAD destinées aux personnes handicapées apparaît inférieur aux références nationales.

Comme chez les enfants, les adultes handicapés suivis dans ces différents établissements présentent en premier lieu des troubles intellectuels (53%, 43% pour les enfants) et des troubles du psychisme (21%, 28% chez les enfants) comme déficience principale.