Maladies chroniques

Le dispositif des Affections de Longue Durée (ALD) concerne les patients ayant « des affections comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse, ouvrant droit, pour ceux qui en sont atteints, à l’exonération du ticket modérateur, c’est-à-dire à une prise en charge intégrale de leurs frais de traitement, dans la limite du périmètre remboursable ». Du fait de leur définition, de leur étendue (30 catégories de pathologies) et du potentiel qu’elles représentent en termes de possibilités d’observation, les admissions en affections de longue durée (incidence) constituent la trame de ce chapitre consacré aux maladies chroniques. Cependant, les ALD ne sont qu’un reflet incomplet des maladies chroniques et dans la mesure du possible, les données ont été complétées par des indicateurs de prévalence de patients sous traitement, de mortalité, d’hospitalisation ou d’indicateurs issus de systèmes ou d’enquêtes spécifiques pour mieux estimer le poids des pathologies chroniques dans l’état de santé de la population.

On rappelle tout d’abord qu’environ 120 000 nouvelles admissions en ALD concernent annuellement les Rhônalpins ce qui correspond à des taux équivalents aux références nationales. Schématiquement la moitié de ces admissions concernent des personnes de moins de 65 ans et la moitié des personnes plus âgées. Les maladies cardiovasculaires (34% des cas), les tumeurs (23%) et le diabète (15%) sont les principaux motifs. Les troubles mentaux (détaillés dans le chapitre précédent de ce rapport) puis les maladies neurologiques représentent chacun environ 8% des admissions (10% chez les femmes). Les autres catégories représentent moins de 3%.

Entre 2006 et 2008, le nombre d’admissions en ALD sur la région a augmenté de 9% (de 113 184 à 123 524). Les principaux groupes de pathologies qui ont le plus augmenté sont les maladies rhumatologiques (+ 21%), les maladies de l’appareil génito-urinaire (+ 17%), le diabète ou les maladies neurologiques (+12%). Celles pour lesquelles l’augmentation est la moins marquée sont les tumeurs (+6%), les maladies respiratoires (+4%) et les maladies infectieuses (+2%).

Les affections cardiovasculaires

Les affections cardiovasculaires occupent une place prépondérante dans la mortalité et la morbidité. Ces maladies représentent notamment le premier motif d’admission en affection de longue durée avec plus de 40 000 admissions annuelles en Rhône-Alpes. Les avancées thérapeutiques et certaines modifications de comportement (baisse du tabagisme par exemple) ont entraîné une baisse importante de la mortalité depuis plusieurs décennies mais la prévalence des patients concernés ne cesse de croître. De plus l’évolution positive de la mortalité semble ralentir.

Les indicateurs régionaux d’admission en ALD ou de mortalité pour l’ensemble des maladies cardio-vasculaires ou pour les principales pathologies sont équivalents ou plus favorables que les références nationales. A l’échelle des territoires de santé, le Centre présente la situation la plus favorable avec des indicateurs qui sont parmi les plus bas sauf pour les accidents vasculaires cérébraux.

Les cancers

Même si l’évolution à la hausse de leur incidence semble ralentir de manière récente, les cancers occupent une place grandissante en termes de morbidité, en raison des modifications démographiques, de l’amélioration du dépistage et du diagnostic mais aussi pour certains types de cancer de l’accroissement de certains facteurs risques avérés ou suspectés (tabagisme féminin, expositions professionnelles ou environnementales...). Les cancers sont devenus, malgré la baisse constante de la mortalité, la première cause de décès et représentent le deuxième motif d’admission en ALD (près de 28 000 par an en Rhône-Alpes).

Si les taux d’admission en ALD pour cancers sont équivalents entre la région Rhône-Alpes et la France, on observe des différences selon les territoires de santé, notamment chez les hommes où les taux sont supérieurs sur les territoires du Centre et du Nord. La situation défavorable du Centre se retrouve également chez les femmes. Pour les trois localisations cancéreuses qui sont les plus fréquentes en termes de mortalité (poumon, côlon-rectum, et prostate chez les hommes, poumon, côlon-rectum, et sein chez les femmes) on retrouve les mêmes constats entre les territoires. Les situations les plus marquées sont observées pour le cancer de la prostate sur le territoire Nord et pour celui du poumon sur le territoire Centre.

Le diabète

L’incidence et la prévalence du diabète (tous types confondus) apparaît en croissance significative alors qu’il s’agit d’une maladie grave, progressive, constituant un facteur de risque de nombreuses pathologies, cardio-vasculaires notamment, à l’origine de nombreuses complications et accessible aux mesures de prévention. Le nombre d’admissions en ALD pour diabète a augmenté de plus de 50% entre l’année 2000 et l’année 2008 (19 200 admissions) et 3,5 % de la population serait sous traitement antidiabétique.

Cette pathologie semble par ailleurs très sujette aux disparités géographiques et sociales de santé. Les zones géographiques où la population présente globalement un profil socio-économique plus défavorisé, notamment en milieu urbain et périurbain apparaissent comme des zones de forte prévalence (Est lyonnais, axe Lyon-St Etienne, Oyonnax, Nord-Isère.

Les maladies neurologiques

Les maladies neurologiques demeurent très variées dans leur mode d’expression et sont, pour certaines d’entres elles, associées au vieillissement. Longtemps réputées incurables, elles bénéficient depuis une dizaine d’années d’une gamme de nouveaux traitements qui contribuent à améliorer la qualité de vie des malades. Mieux connues et mieux repérées, leur fréquence et la mortalité qui leur est attribuée apparaît en forte croissance. Ainsi, environ 10 000 personnes résidant en Rhône-Alpes ont été admises en affections de longue durée pour maladies neurologiques en 2008.

Les maladies de l'appareil respiratoire

Les maladies de l’appareil respiratoire sont à l’origine en Rhône-Alpes de 3% des admissions en ALD (près de 3 500) et de 6% des décès (près de 2 800). Le territoire de l’Ouest a la particularité de présenter les taux d’admissions en ALD les plus bas et les taux de mortalité les plus hauts (seul taux supérieur à la référence national). A coté de la mortalité et des ALD on peut rappeler, pour illustrer la prévalence des maladies respiratoires que 3% de la population suit un traitement antiasthmatique régulier.

Les maladies ostéo-articulaires, musculaires et du tissus conjonctif

Les maladies ostéo-articulaires, musculaires et du tissus conjonctif (maladies rhumatologiques), sont très répandues, souvent sous-estimées, quelquefois mal diagnostiquées et mal traitées. Les formes graves de ces pathologies sont à l’origine de plus de 3 300 admissions en ALD sur la région ce qui correspond à des taux supérieurs aux taux nationaux. Les territoires du Centre et du Nord apparaissent les plus concernés.