Santé mentale et addictions

Dans son acception large allant du mal-être et du besoin d’écoute à la pathologie psychiatrique, la santé mentale est extrêmement vaste et les problèmes de santé mentale concernent une grande part de la population. Ils représentent donc une préoccupation majeure pour de nombreux acteurs de santé publique. Les enjeux sont multiples et concernent le repérage et le diagnostic précoce, l’offre d’écoute, les actions de prévention ou de développement des compétences psychosociales, l’accompagnement et la prise en charge, le développement d’une offre d’accueil diverse et adaptée, la réhabilitation sociale et l’insertion des malades mentaux dans la cité, la participation des familles des malades mentaux aux projets individualisés, ou encore le développement de partenariats entre les acteurs concernés permettant de proposer un véritable continuum d’offre…

Face à ces enjeux l’observation quantitative ne permet d’approcher qu’une part de ce vaste champ. Il s’agit de l’état de santé mentale et de l’impact des troubles psychiatriques et mentaux ayant fait l’objet d’un diagnostic, de l’offre de soins spécialisée existante et du recours aux soins psychiatriques. Le champ des addictions, en termes de consommation et d’impact sur la santé, a également été inclus à ce dossier.

Les troubles mentaux

Les troubles mentaux ont un poids considérable parmi les problèmes de santé et ce à tous les âges de la vie. On peut ainsi souligner que les troubles mentaux sont à l’origine chaque année en Rhône-Alpes de 850 suicides, et de plus de 8 800 hospitalisations pour tentatives de suicide, de 120 000 personnes hospitalisées en établissements hospitaliers de court séjour ou encore de plus de 10 000 admissions en ALD (soit près de 9% du total des admissions en ALD). Ils représentent également la première cause de mise en invalidité (30%) et le deuxième motif d’arrêt de travail prolongé (26%). Plus d’une personne sur dix reçoit également, de manière régulière, un traitement psychotrope et plus de 165 000 personnes de la région sont suivies par les établissements spécialisé

Suicides

En ce qui concerne les suicides, malgré la poursuite ces dernières années de la baisse du taux de suicide,  608 hommes et 234 femmes de la région se sont suicidés en 2008. Les taux de mortalité correspondants sont inférieurs aux données nationales et placent la région Rhône-Alpes dans le trio de tête des régions de France. Les disparités sont cependant fortes entre les territoires avec une mortalité proche des valeurs nationales pour les territoires de l’Ouest (au-dessus), du Sud et du Nord et des taux très bas dans le Centre. Les tentatives de suicide ayant fait l’objet d’une hospitalisation sont également plus fréquentes dans le Sud, mais la situation favorable du Centre n’est pas retrouvée, illustrant peut-être des différences de modalités de prise en charge et de recours à l’hospitalisation.

Les affections de longue durée

Les taux d’admission en ALD pour troubles mentaux font apparaître des taux plutôt supérieurs en Rhône-Alpes par rapport à la France malgré des taux très inférieurs sur le territoire de l’Est. La situation favorable de ce territoire se retrouve à nouveau pour la prévalence de patients sous traitement qui est également constatée sur le Centre, alors que les taux sont élevés sur le te

Le recours aux soins

Concernant le recours aux soins, des disparités très fortes sont observées et apparaissent fortement en lien avec l’offre. Le recours aux consultations libérales de psychiatrie notamment ne se faisant semble-t-il que lorsque l’offre est présente en proximité. On peut ainsi souligner que la densité de psychiatres libéraux est entre trois et quatre fois inférieure sur le Nord et le Sud par rapport a celle observée sur le Centre, ce qui réduit le niveau de recours sur ces territoires,  et on assiste à un report d’une part du recours vers les établissements spécialisés dont la file active de patients suivis est très supérieure, notamment sur le Nord.

En ce qui concerne les établissements hospitaliers non spécialisés (hôpitaux dits de court séjour), près de 120 000 rhônalpins ont été hospitalisés au moins une fois dans l’année pour troubles mentaux dont 40% le sont pour des troubles liés à l’usage de substances psychoactives. Les habitants du territoire Ouest présentent des taux d’hospitalisation de 25% à 50% supérieurs aux autres territoires.

Les addictions

Sur cette thématique des addictions, plusieurs constats très généraux peuvent être formulés. La baisse des consommations chroniques de tabac et d’alcool se poursuit alors que la consommation régulière de cannabis semble se stabiliser. Le seul phénomène qui apparaisse clairement en augmentation sur les dernières années, au travers des enquêtes en population, est celui de la part de jeunes présentant des épisodes ponctuels  sévères et répétés de consommation d’alcool.

Cette part, comme celle des jeunes présentant des ivresses répétées ou ayant expérimenté le cannabis, apparaît plutôt plus élevée en Rhône-Alpes qu’en France. En ce qui concerne la consommation chronique tous âges la situation de la région est proche de la France, alors que les indicateurs (mortalité et admissions en ALD) concernant les maladies dont l’usage chronique d’alcool est un facteur de risque important sont beaucoup plus favorables en Rhône-Alpes.

En infrarégional on constate une situation nettement défavorable du territoire Ouest concernant les pathologies liées à l’alcool et une correspondance claire avec les zones où la précarité socio-économique est plus présente pour les pathologies liées au tabac.

Plus spécifiquement sur la population des jeunes (cf. chapitre III - Santé des jeunes), les deux départements du sud et la Haute-Savoie semblent plus concernés que les autres départements de la région pour les problématiques de consommation d’alcool et on retrouve l’Ardèche pour la consommation régulière de cannabis. Pour ce dernier produit, entre 4 et 5 jeunes de 17 ans de la région sur 10 en ont déjà consommé et 7% en consomment régulièrement.

En l’absence de données de consommation sur des échantillons de population suffisamment importants, il est plus difficile pour les autres drogues de situer les territoires les uns par rapport aux autres. Cependant, les chiffres concernant la délivrance de kits d’injection ou de produits de substitution sont plus élevés sur le sud de la région et sur la Haute-Savoie.