Situation générale

La région Rhône-Alpes compte en 2007 un peu plus de 6 millions d’habitants répartis sur 8 départements. Plus jeune région d’une grande moitié sud de la France, avec une démographie dynamique (soldes naturels et migratoires positifs), elle présente des indicateurs socio-économiques favorables par rapport aux références nationales.

Deuxième région de France par sa superficie et par sa population elle est cependant très diversifiée d’un point de vue géographique, démographique et socio-économique.

5 territoires de santé

Les cinq territoires de santé qui la composent sont à l’image de cette diversité. Deux territoires contiennent un tiers de la population régionale chacun : le Centre très densément peuplé qui correspond à l’agglomération lyonnaise élargie et l’Est très vaste territoire englobant toutes les zones de montagne alpines, des zones de vallées et l’agglomération grenobloise, s’étalant sur quatre départements. Ce territoire, qui compte le plus grand nombre de jeunes actifs, présente les meilleurs indicateurs socio-économiques de la région, dont le revenu moyen le plus élevé (supérieur de près de 5 000 euros à ceux de l’Ouest et du Sud).

Le territoire de l’Ouest se distingue des autres territoires. Il est le seul territoire qui ne connaît pas d’évolution positive sur le plan démographique. Fortement ouvrier, il présente souvent les indicateurs socio-économiques les moins favorables de la région et moins bons que les références nationales (revenu moyen, part de foyers imposables, ...).

Le territoire du Sud est le plus rural (21% de la population), le moins densément peuplé, et le moins jeune. Les indicateurs socio-économiques le placent en situation la moins favorable après l’Ouest avec cependant un profil très différent et notamment une forte présence de populations bénéficiaires de minima sociaux ou de la CMUc, en zones rurales de la frange la plus au sud.

Le territoire du Centre présente des indicateurs globaux proches de la moyenne régionale avec cependant des taux de chômage et de bénéficiaires de la CMU mais aussi la part la plus importante de cadres. Il présente également les plus fortes disparités locales notamment entre l’Est et l’Ouest de l’agglomération lyonnaise.

Le territoire du Nord est celui qui connaît la plus forte croissance démographique et comprend la part d’actifs travaillant dans l’industrie la plus forte. Ses indicateurs socio-économiques sont globalement favorables.

Une situation favorable en termes d'espérance de vie

Sur le plan sanitaire, la région Rhône-Alpes présente une situation très favorable en termes d’espérance de vie, de mortalité générale et de mortalité prématurée. Cette situation favorable se renforce au fil des dernières années et l’espérance de vie à la naissance des femmes rhônalpines est ainsi devenue en 2007 la plus élevée de France. Sur ces indicateurs globaux les territoires de l’Ouest et du Nord présentent les moins bons résultats, ceux du Centre et de l’Est les meilleurs. Cependant, ces indicateurs par territoire sont toujours plus favorables ou équivalents aux valeurs nationales.

En termes de causes de décès, les cancers sont devenus la première cause de décès, tous sexes confondus. Cancers et maladies cardio-vasculaires représentent près de 60% des décès. Si l’on ajoute les causes externes de décès (accidents, suicides, empoisonnements), les maladies respiratoires et les maladies neurologiques, dont la part augmente fortement notamment chez les femmes, on atteint près de 80% des décès.

En ce qui concerne la mortalité prématurée (décès avant 65 ans) dont on considère qu’elle est majoritairement évitable par le renforcement des actions de prévention ou l’amélioration de la performance du système de soins, les tumeurs représentent la cause principale (à l’origine de près d’un décès prématuré sur deux chez les femmes) devant les causes externes de décès. Avec les maladies cardio-vasculaires, ces trois causes représentent plus de 70% des décès prématurés.

L'offre de soins

L’analyse de l’offre de soins fait apparaître de fortes disparités entre les territoires. Que ce soit pour l’offre libérale ou pour les établissements, le territoire du Centre présente les densités ou taux d’équipement les plus élevés. Il faut cependant souligner l’attractivité de ce territoire. Ainsi 16% des séjours hospitaliers effectués dans les établissements de ce territoire concernent des habitants résidant en dehors de ce périmètre.

Le territoire de l’Est présente également une situation favorable en termes d’offre qui doit cependant être partiellement modulée par la question de l’activité touristique et celle du recours transfrontalier. A noter également pour ces deux territoires, la faible part de praticiens libéraux conventionnés en secteur 1 qui est même minoritaire chez les spécialistes du Centre.

Le territoire de l’Ouest bien qu’accueillant le troisième CHU de la région présente un niveau d’offre libérale très inférieur aux deux précédents territoires, niveau qui le rapproche des deux derniers territoires.

Le territoire du Nord présente, quant à lui, une densité d’offre très inférieure aux autres territoires en ce qui concerne l’offre libérale mais aussi pour l’offre hospitalière (MCO). On peut souligner pour ce territoire Nord que plus d’un séjour hospitalier sur trois de ses résidents s’est effectué dans un établissement situé hors de ce territoire en 2009.

Les niveaux de recours globaux à l’hospitalisation ou aux praticiens libéraux présentent moins de diversité à l’échelle des territoires et ne font pas apparaître d’associations évidentes entre offre et recours dans ces approches très globales.

Des disparités d’offre sont également mises en évidence pour les établissements pour personnes âgées et de manière plus marquée encore pour les établissements et services pour personnes handicapées. L’analyse de ce type d’offre est détaillée dans le chapitre «handicap et vieillissement».